03 octobre 2008

ça gratte

Séquence d'intense concentration dans la classe.
Plusieurs ateliers sont en cours.

Soudain, un élève vient me voir, attristé:

"Maîtreeeeeeeeesse! Ben moi, quand je colorie, ça me gratte là! (montre son front)"

Ne pas rire.
Trouver une réponse adéquate.
Attention, même face à un gamin de quatre ans, j'ai une répartie qui bute.
Je réponds donc:
"Bah gratte-toi le front mon grand, et réessaie de colorier après quand même".


Waouh, j'assure.

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08 juin 2008

come on Boris

Vous saviez vous qu'en ce moment, c'était le tournoi de Laurent Lagrosse?
Vous voyez un peu, les mecs qui courent après une petite balle jaune en poussant des cris gutturaux un peu seskuels? Bon, les filles aussi. Surtout Monica Seles mais elle ne joue plus. Que sur France Télévisions, ils te font des documentaires sur la victoire de Yannick Noah en 1983, et le mec qui fait la voix off, c'est le même qui fait les commentaires dans Laissez entrer l'accusé. Un peu flippant, n'est ce pas? Moi de toute façon, j'aimais Agassi et Sempras alors bon, maintenant qu'ils font autre chose de leur vie et que les nouveaux joueurs ont des noms qui ne me disent rien (sauf Fabrice Santoro qui joue depuis 1932)(Nadal et Federer aussi parce qu'en fait, à deux, ils gagnent tout ce qui est gagnable, sympa pour les autres les mecs).

Une fois, je suis allée à Laurent Lagrosse et j'ai vu Pete Sempras, et même que j'ai failli buter les mecs derrière nous qui osaient le CRITIQUER, pff, pov types. Même que j'ai été obligée de m'acheter une casquette les enfants de la terre parce qu'à l'époque, en juin, il faisait une chaleur de folie et que j'ai failli cramer du crâne. Terribeul, le louque, imaginez bien. C'est bien là bas, sauf qu'il y a une recrudescence de polos, et ça, c'est juste pas possible. Je hais les polos, voilà, c'est dit.

Comme vous l'avez astucieusement deviné, je n'ai pas passé beaucoup de temps devant france télévisions ces deux dernières semaines, mais Pierre Richard, lui, il adore. Il fait des commentaires, et ça, c'est limite supportable. Hé, d'abord, je vous ferai dire qu'il connait TOUT sur Laurent Lagrosse, même que ouais. Alors bon, pouet pouet calendos hein, j'ai le droit de rien dire, je n'ose même pas faire des vannes sur les joueurs, parce que oulà, c'est mééééchant de faire ça, faut pas. C'est sûr que j'ai vachement de pitié pour des mecs qui gagnent en quinze jours le montant total des allocations familiales de la région Ile de France.


Nounette aussi fait des commentaires, même si elle en a strictement rien à cirer du tennis, elle écoute les commentaires de son père, la parole allélouiah ainsi soit-il. Et aussi ceux des commentateurs.
Hier:
Nelson Montfort: "Ah voilà Boris Becker, je vais l'interviewer pour lui demander ce qu'il pense de la boisson Red Bull" (non il n'a pas dit ça mais vu que je n'ai aucune idée de ce qu'il a pu demander à Boris Becker, j'improvise)
Nounette: "Oooooh Boris Becker, je connais très bien sa femme moi!"
Pierre Richard: " Ah bon? Tu connais la femme de Boris Becker toi? Comment tu la connais, je te pris de me dire?"
Nounette:"Ben, c'est à l'école! On a appris une chanson sur elle! C'est la femme de Boris Becker, Joséphine Baker!"

Ah ah ah.



C'est merveilleux les homonymes.
Vous en aviez rêvé, Laurent Lagrosse l'a fait. Pour vous. Via ma fille.
A qui on dit merci??


**Si il y a dix-sept fois écrit le mot "commentaire", c'est normal, je suis nulle en synonymes.

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30 mars 2008

sanglier junior

Si elle range bien sa chambre, pendant un ou deux mois, elle pourra avoir un petit animal de compagnie. Genre un cochon d'Inde, ou un hamster (je suis faible, je sais).

Ce matin, aux aurores, elle apostrophe ainsi son père:

"Hééé j'ai super bien rangé ma chambre, je peux l'avoir mon marcassin maintenant?"


Yiha, danse du ventre les gens, bientôt la forêt de Fontainebleau dans mon trois pièces.

(c'est vrai quand même, c'est kro kro meugnon un marcassin, choubidou grave ste bestiole, mais je me pose une question fondamentale: je dois prendre quoi comme taille de cage, environ à peu près pour me donner une idée?)

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16 mars 2008

ours

Mini, hier matin, cherche sa tenue d'équitation. Et oui, elle monte à poney cette enfant, pas comme sa mère qui hurle dès qu'on la pose sur un canasson.
La polaire rose, indispensable, manque à l'appel.

Furieuse de ne pas la trouver, elle se met à crier sur sa mère (moi) de la sorte:


"Maman euh, où as-tu mis mon ours polaire?"

Ah ben dis donc, t'as raison ma fille, ça fait longtemps que je ne l'ai pas entendu grogner cuilà.


PS: je n'arrive pas à remettre ma sidebar à sa place, please help, vous qui manipulez cro bien css et html. Merci (ter).

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22 octobre 2007

fafans et onés

C'est mon fils.
Vingt-deux mois au compteur et totalement atteint du bulbe, si c'est pas malheureux ma pov dame, un enfant si beau, qu'il puisse y avoir de la vapeur sous le couvercle, c'est tout bonnement impensable, et pourtant c'est vrai (you're beautiful it's true rha ptain ayé ça revient).

- Il se lève avant le soleil (sauf qu'il ne donne pas à manger aux oiseaux aux pigeons), et son premier mot de la journée est téter ou alors à bwar, tout dépend. Tavernier, moi, genre.

- Il monte sur le pouf pour se regarder dans le miroir et se parle à lui tout seul. Oh oui bien sûr it's very cute, mais un peu flippant, soyons raisonnable. Il commence par faire blblblblblbl -merci pour le miroir maintenant recouvert sur la zone sud sud ouest d'empreintes de mains, de bouche et de postillons- puis ensuite dit de plus en plus fort "tata TATA TATA". Oué c'est ça. Ensuite il parle un peu malgache pour impressionner sa mère, mais celle-ci le parle couramment, sa deuxième fille lui ayant appris pendant quatre ans et demi.

-Ensuite il prend les petits poneys de sa soeur et s'amuse à les coiffer et ensuite leur fourre un truc en plastique sur la goule en beuglant "manze manze".

- Puis il monte sur sa girafe à bascule et se balance comme un foudingo dessus en braillant "'egad' maman 'egad!"

- Peu après, las de cette gym tonique, il s'aggripe à mon jean en me regardant avec des yeux morts d'amûr et dit "monte monte" . Il n'a d'ailleurs pas besoin de mon accord pour monter quand même, m'arrachant la moitié de ma graisse sub-cuissale. Il réclame alors de faire un "sessin" avec les "caiyons". Très joli sessin. Il se complimente lui-même en me mettant le dessin à 2cm des yeux en disant "booooo sessin boooo". Puis fait genre je compte les crayons "un deux quat ouit deux si". Il "ranze" les crayons dans la boîte en m'obligeant à regarder à tel point il est doué pour le rangement de crayons. Il demande ensuite à "descend'" de mes genoux.

- Il court jusqu'à la salle de bains, comme pris par une idée subite, et effectivement, il s'agit d'une pulsion subite. Il a décidé de jouer avec la tondeuse de son père. Quand je le surprends, il dit "ooh non oooh".

- Il retourne finalement dans sa chambre et essaie de faire parler un éléphant. Mais le fafan, il ne veut pas parler, alors pour sa peine, il va se promener le long de la télé.

- Après il fait genre je veux être propre couches free, alors il va mettre le réducteur sur les toilettes. Mais quand je le mets dessus, il hurle "noooon pas bombé pas bombé" parce qu'une fois, il est tombé des kiottes parce que j'étais au téléphone en train d'envoyer France Loisirs aux roses. L'inverse eût été préférable. Alors je le repose par terre et il va, trois possibilités: soit je lui remets la couche et il me fait une de ses bouses débordantes dont il a le secret dedans, soit je le laisse le u à l'air et il se précipite pour faire pee*pee sur son fauteuil en mousse, soit il fait carrément le tout par terre, oui, là, sur le parquet.

- Il a encore soif alors chouine dans mes pattes en réclamant à bwar, ou de l'eau (mais vite). Et un kako, aussi, pendant que j'y suis.

- S'ennuyant fermement, il décide de rapporter dans le salon son circuit Winnie en bois, qu'il monte intégralement, et fait rouler le piti train dessus (à partir de trois ans mais mon fils à moi que j'ai il est prékausse). Puis, c'est au tour des légos. Puis des livres.

- Tiens justement, il a envie de regarder des livres. Mais seulement ceux qui parlent de pelleteuses (les téteuses sont des machines fascinantes), ou de pompiers, à la rigueur. Ou de chevaux et autres poneys. Les oné sont des animaux à crinière qui le passionnent, mais pas autant que les pelleteuses et autres bétonneuses, ça c'est trop tiptop génial, le plus mieux du must.

Je me souviens alors de la paisiblitude qu'était mienne lorsque Mini avait le même âge. Je pouvais écouter Portishead pendant qu'elle dansait avec son doudou dans le salon, puis elle alignait les légos sur le lit. Ensuite, elle foutait à pwal ses poupées et me demandait de les rhabiller.

La petite fille qui joue aligne sagement ses légos pendant que sa mère vaque à ses occupations:




Le tit mec fou furieux près à bouffer de la mère si celle-ci ne consent pas immédiatement à ces 1001 volontés:




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13 mai 2007

voyage

Hier, j'emmène les filles à la Défense, centre commercial géant s'il en est un, et samedi après midi en plus, genre peur de rien.

Objectif: acheter un imperméable pour Nounette (et accessoirement aussi un pour le PitiGasson d'angel)

Pour y aller, nous prenons le train. Déjà ça commence mal, sur le quai je repère trois poux sur la tête de Mini. Des gros bien adultes, bien dodus, se prélassant sur la tête de ma fille comme notre cher séprident sur son yacht. Là, une injure qui vient de mes entrailles profondes sort:"mais put*ain de bourdel à chiottes, elles peuvent pas traiter la tête de leurs rejetons, les grougnasses!"Moins sept points sur l'échelle de la merperfectitude, minimum. Nan mais c'est plus possible, ça fait trois mois qu'on se bat contre les bêtes. Et dans l'école, les bourgeasses font des cultures. Enfin bref.

On monte dans le train. Je bute encore deux poux. I'm the butor of poux, the one who kills the poux with her fingers. No protection.

Deux gares plus loin, alors que j'ai renoncé à chasser la Bête sur le crâne innocent de ma fille, monte une famille de quatre personnes. Parmi eux, un petit mec à l'accent chantant. Super mignon, et super accent.

Le train continue son voyage, et on arrive à la gare suivante. Là, des scouts. Pas un peu. Beaucoup de scouts en bleu marine. Je me sens mal, moi, quand je vois autant de bleu marine d'un coup, ça me refile de ces hauts le coeurs, je vous dis pas. Des filles, des garçons, en jupe-culottes ou en short bleu marine, avec des bérets bleu marine, et plein d'insignes cheulou sur le pull.

Nounette les regarde avec circonspection, puis s'exclame:

"Attention maman! Chut! Il y a la police!"
Mais non, ce n'est pas la police ces gens, ce sont des scouts, mon enfant.
"Ah? Et c'est quoi, des scouts?"
Des gens qui aiment bien mettre un uniforme (bleu marine) et qui font des activités...
Et là, le p'tit gars en face de moi, qui rajoute avec sa voix chantante:
"Ah ben quand même, on dirait la police hein"

Son père gloussait de l'autre côté de l'allée, je l'ai vu.


Finalement, on est revenus avec deux imperméables, deux robes, un t-shirt hello kitty et des tonnes de barrettes. J'ai survécu aux scouts et au centre commercial bondé du samedi après-midi. Et oui, quand on s'y prend au dernier moment...Lundi, toute l'école va à Thoiry, et lundi, il va pleuvoir comme vache qui pisse des hallebardes.

I'm a survivor, guys.

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24 avril 2007

Nounette fait de la politique

Nounette, six ans, regarde avec nous les résultats de l'élection présidentielle dimanche soir. Elle est très concentrée et intriguée, et écoute le discours nainifiant avec circonspection.

"Han il est très moche celui-là"

C'est Nikolaï SKrozaï (nom modifié pour les besoins de cette note), mon enfant.

"Ah ben il n'a pas une belle voix, Nikolaï SKrozaï. En plus il est vraiment très très moche"
"Oh ben ça se voit qu'il a envie d'être séprident, lui!""Ouhlalala j'aime pas du tout sa voix, tu l'aimes bien toi maman?"

Euh non, pas du tout chérie, on pense pareil là.

"Mais on dirait bien qu'il raconte des mensonges, c'est pas bien de dire des mensonges quand on est président, hein, maman?"

Il n'est pas encore président, mon coeur. Pour une fois, prions le ciel pour que cela n'arrive jamais.


Plus tard, dans sa chambre...
Skrozaï est moche, Skrozaï est très très mocheuh!

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23 avril 2007

16 mois

Mon bébé a seize mois. Bon ok, ça fait neuf jours qu'il a seize mois. Il n'empêche, c'est aujourd'hui, parce que j'ai rien de spécial à dire, que j'ai envie d'en parler.

C'est vrai que j'aurai pu insister sur les résultats de l'élection d'hier, mais finalement, j'ai plus peur qu'autre chose, alors j'essaie de ne pas trop y penser pour le moment, d'attendre encore un peu. D'ailleurs, par rapport à ça, je ressens une sorte d'incompréhension vis-à-vis de la nainitude, que soit disant on l'aime avec des coeurs {vu hier des t-shirts avec plein de nénés dedans, avec marqué dessus I *groscoeur* S-kro (mon clavier déconne oups), nan mais franchement sont pas bien les gens, c'est pas un sexsymbol non plus ce gars hein)}.



Bref, me voilà donc accompagnée dans mes journées par un petit bonhomme de seize mois, et ce que je peux vous dire, c'est qu'il n'a ni la langue, ni les mains dans sa poche.
Il a quand même un vocabulaire intéressant puisqu'il dit aspirateur et à tout à l'heure, mais chez lui, c'est justement passionnant, puisque c'est prononcé quasiment pareil (ateu et ateu sont homonymes, mais ne confondons pas). Il faut donc sortir un peu son cerveau des limbes et analyser le contexte afin de comprendre. Il dit aussi chat, à bon escient. Par contre, chien, c'est plus un problème. Un éléphant est un chien. Un lion aussi. Un mouton est un chien qui fait bêêêêê. Pratique. Ptêtre qu'on pourrait le ramener à Thoiry, ça pourrait être fun.
Il sait aussi réclamer à boire. Je n'ai pas encore le réflexe de traduction enclenché, donc des fois il s'énerve: "bê! bê!" Quoi bêbê? Tu veux quoi?T'as vu un mouton (ah non un mouton c'est sien sien sien) Aaaaah! Tu veux boire! Ah ben faut faire des efforts de prononciation mon gaillard, parce que maman, elle réagit lentement. Ben ui, la pauvre, faut la comprendre, elle n'est pas très douée, et en plus elle n'y met aucune bonne volonté, si c'est pas malheureux.
Le matin, quand il se réveille, il appelle "maman maman maman". Super bien et tout. Il a une voix qui porte VACHEMENT bien (surtout quand il expérimente ses nouveaux jeux de blblblbllblbll appris chez Mickey par des Espagnoles dans la file d'attente de Dumbo the flying elephant)(tout ça à décibels 127 sur le balcon)(pas muchas gracias hein). Quand il voit que sa mère indigne ne répond pas à ces appels, il tente "papa papa papa", et quand il est là, son père accourt, empli de fierté et de reconnaissance -sisisisi, je pèse mes mots.

Il est très mignon mon fils, et en plus ses yeux sont tellement bleus, limite quand je le porte sur moi, les gens me zappent et s'extasient sur lui. Sans mentir. Malgré son prurigo, je vous assure.

Il sait monter les escaliers en donnant les mains, il sait manger tout seul (à la façon d'un goret, mais on s'attendrit, parce que nous sommes faibles)(surtout moi, le papa à tendance à s'agacer un tantinet quand l'enfant tape dans son assiette pleine de purée comme sur des bambous)(et ça lui fait du bien).

Là il pose dans le porte bébé chinois que sa mère s'est offert. Cinq minutes plus tard, après avoir vu un chien dans la rue, il s'endormira de manière subite. (Oui je sais, j'ai grossi).



Tout ça n'empêche pas la multiplication des couneries.

Il branche et essaie de débrancher toutes les prises électriques. Toutes.
Il allume et éteint les interrupteurs de lampe. Allume. Eteint. Allume. Eteint.
Il monte sur mon pouf ikéa et essaie de décrocher le miroir all by himself.
Il saute sur le canapé.
Il enlève le cd du lecteur et nous l'apporte, tout fier.
Quand même, il est mignon, il fait une tour avec ses cubes.
Il ouvre le frigo et essaie d'attrapper des trucs.
Il jette les bouquins dans les toualettes.
Il va chercher la bouteille de lessive, l'ouvre, et essaie de mettre la lessive dans le tambour de la machine (ben quoi, il veut aider!).
Il sait mettre ma souris usb dans sa prise usb, et y arrive très bien (c'est quoi ce nouveau périphérique usb là?).
Mais euh, il danse en tournant sur lui-même, c'est chou.
Il se met un truc sur la tête, et s'amuse à avancer à l'aveuglette, en rigolant très fort, genre on le voit pas.
Il passe le balai (et fracasse quelques bibelots au passage).
Il mange la terre. hum ça très bon, ressembler chocolat, miam.
Il va chourer deux trois feutres dans la chambre mal rangée de ses soeurs et écrit partout avec.



Muarf, si on le surveillait mieux aussi, il arrêterait les bêtises deux secondes.







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29 janvier 2007

six years ago




Il y a six ans, j'étais enflée, remplie de flotte, d'oedèmes, j'avais pris tellement de poids en eau (bon en graisse aussi un peu) que j'avais les chevilles et les jambes énormes, la tronche bibendumesque.
Et j'étais heureuse et en même temps si triste avec ce bébé qui arrivait, je ne comprenais pas pourquoi j'étais dans cet état-là, personne ne m'avait dit que ça pourrait me faire ça. Je pleurais, je disais que je n'y arriverais pas, je n'ai pas pu allaiter tellement je détestais mon image dans le miroir et parce que rien ne marchait, je pensais tellement naïvement que tout coulerait, si naturellement. Je me sentais nulle, maladroite, inutile. L'instinct maternel? Mouarf. Je refusais mes sentiments, car quand on devient mère, on est censé être aux anges et au plus haut sommet du bonheur, mais ce n'est pas ce que j'ai vécu. Je me suis détestée lorsqu'on m'a bandé les seins, quand je lui ai donné son premier biberon, quand on me faisait la morale parce que je la promenais la nuit dans les couloirs. Je ne supportais pas que ce bébé puisse dépendre de moi, qui étais le trente-sixième sous-sol des mamans.

Ben oui, j'ai mis plusieurs années à me sentir réellement maman. A aborder le tout sereinement.
Paradoxalement, je n'arrivais pas à lâcher mon bébé, je refusais de la sortir, je la gardais contre moi, j'allais la prendre dans son lit lorsque j'avais une flippe quelconque. Ce sentiment d'amour, c'est comme un volcan qui ne parvient pas à entrer en éruption, vous voyez? Tout reste à l'intérieur, rien ne se montre, tout est présent de manière si violente, si féroce que cela fait peur. Et cette peur, car donner naissance, c'est aussi donner la mort, pour plus tard certes, mais quand même, je ne suis pas parvenue à la gérer en entier. Manque de maturité, de solidité intérieure, je n'en sais rien, je ne veux pas savoir. Cette explosion intérieure, c'était de la folie, ça me dépassait si intensivement que mon coeur saignait de ne pas me sentir naturelle, à l'aise avec ma maternité. Quelle culpabilité, hein! Il faut bien passer par dessus, et ça m'a pris des siècles

Progressivement, tout s'est construit en moi, j'ai ensuite donné naissance à Mini et j'ai enfin tout compris.
C'est triste un peu, mais c'est tellement vrai, c'est tellement ça.

Maintenant, ma Nounette, c'est ma lumière, même si elle se croit tout permis parce qu'elle a six ans. Qu'elle a débarqué ce matin en clamant haut et fort: "Ayé maman, j'ai six ans! J'ai eu six ans pendant la nuit, je suis une géante, je sens que j'ai grandi, regarde, mon pyjama est trop petit!"

Six ans, c'est un peu grand, mais ma grande fille, c'est quand même encore un petit peu mon bébé, dans un coin de mon coeur.

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15 janvier 2007

tato tola

Treize mois.
Punaise, treize mois.
Il n'aura pas attendu longtemps.

Alors qu'il jouait tranquillement dans le salon (le "tranquillement" étant un bien grand mot, puisqu'il cherchait à tout prix à débrancher pour la 127ème fois mes enceintes, puis de sortir tous les magazines de la table de nuit, et enfin mettre tous les dvds sur le parquet), mon chonchon se dirige soudain vers le placard de l'entrée.
Pourquoi?
Ben à votre avis?
C'est là que sont stockées diverses denrées alimentaires, dont notamment les sablés de Retz au chocolat et également ses chocolats personnels (Lindt or, il ne se refuse rien).
Je ne suis pas trop d'accord qu'il fouillasse dans le placard, parce que ce qu'il désire est mis hors de portée, nous sommes naïfs mais pas si cons quand même. De rage, il lui est arrivé de flanquer tous les gobelets en plastoc ikéa par terre, de les éparpiller, puis de les jeter sur le carrelage l'un après l'autre, ce qui provoque un bruit insupportable. Et ben oui, trois enfants et une tolérance au bruit misérable, nobody's perfect.
J'arrive donc auprès du petit homme.
Il me regarde avec ses grands yeux bleus, montre du doigt le haut du placard et dit:


"Tato, tato, tato, tato, mmmmm"

Hum.
Non mon chéri, tu as déjà assez mangé de gâteaux pour aujourd'hui. (Bon d'accord il est mignon quand même, hein)

Et alors il me rétorque:

"Tola, tola, tola, tola!"

Non plus, le chocolat, mon coeur.

Treize mois.

Je m'attends maintenant à ce qu'il me réclame "tato o tola, maman". Oh, ça va arriver plus vite qu'on ne le pense.

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