22 janvier 2009

du singe à l'éléphant

Nan mais vous y croyez, vous, à la réincarnation?

Ma fille, du haut de ses six ans, elle n'y croit pas, elle en est per-sua-dée.
Après cette vie-là, elle sera un éléphant.
Oui, parfaitement.
Et pas un éléphant en peluche qu'elle a par dizaines entières dans son lit qu'on se demande comment elle trouve la place pour dormir, mais un vrai bébé éléphant.

Et comme elle n'a pas encore tout compris de l'évolution, enfin, de la théorie de l'Evolution (à son âge j'étais persuadée que c'était Dieu qui nous avait créés avec un morceau de je ne sais quoi), elle pense qu'avant d'être dans le ventre de leur mère puis de naître, les enfants sont des singes. Elle n'en démords pas, et puis allez comprendre, vous, qu'avant d'être vous n'étiez pas.
Elle affirme donc que son frère était un singe quand elle-même était bébé.

Ah ah ah.

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17 août 2008

i'm the king of the machine


Bon je sais, c'est petit de bloguer un truc pareil, mais bon, vu que j'ai éprouvé un sentiment très agréable, je vais quand même en parler (le bloguer en fait).
Avec ma petite famille, on a expérimenté une fête à Neu-Neu: bah oui, c'est comme ça les week-ends du mois d'août hein, on erre et on trouve au hasard la chance des trucs à faire avec les gosses. Bon voilà, on a eu de la chance, ma copine Lulu nous a refilé son carnet de tickets (MERCIIIIIIIIII! Uuuuuuuuuuuuuh), alors bon, nous voilà donc montés ni une ni deux dans l'évasion (qui fait un bruit de tracteur, super discret, surtout dans les côtes, hum) et direction l'endroit qui te passe le plus de musique techno le plus fort possible direct dans tes esgourdes que t'avais intérêt à prendre tes quiès.
Les enfants ont fait quelques manèges (Chonchon dans le camion de pompiers qui vole, mémorable), Pierre Richard a craqué son jean dans une attraction (ahahahaha), on a mangé des chichis (miiiiam)(28 000 points WW), et en se dirigeant vers la sortie, Mini a reclamé son dû: une peluche Lumpy.

Oui, elle n'en avait que cinq exemplaires différents, vous comprenez, c'est dur quand même.
Alors vu qu'il me restait quatre euros in ze pocket, paf, direction les machines attrape-trucs, et en l'occurence, attrape-peluches disney. Bah oui, on se refait pas hein, tombés dès la plus tendre enfance dans le consumérisme, rhalalalala.
Un euro, trois tentatives.
Deux euros, huit tentatives.

J'ai mis un euro (au cas où je sois d'une telle nullité qu'aucune peluche mauve ne puisse jamais être prisonnière de ce crochet)

Presque.
Je remets deux euros.

Paf
Lumpy in ze crochet.
J'ai réussi à l'avoir en huit coups.

Pas mal hein!
Bah il me restait encore trois tentatives.

Essayons donc de choper Bourriquet hein, tant que j'y suis.

Pof.
Bourriquet, deux coups.

Ptain, I'm the king of the machine, man
(si tu as l'impression que je m'y crois, c'est vrai, je m'y crois, et en plus je me la joue, voire je me la pète)(oui il m'en faut peu).

Bon j'ai remis deux euros et j'ai loupé Tigrou. Excès de confiance.

Maintenant Mini est l'heureuse propriétaire d'un Lumpy d'une taille non négligeable, et Nounette d'un Bourriquet de taille moyenne.

Les filles me chargent de vous dire que leurs peluches sont très douces et très très mignonnes. Elles sont présentement très fière de leur maman.

Ouh ouh, youpi youkaïda, merci Lulu et mon karma.


* J'avais oublié mon appareil photo, dommage, j'aurais bien filmé mon exploit olympique.

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13 juin 2008

Pomme-Bouleau

Ma fille à moi que j'ai, c'est une petite grenade.
Surtout n'essayez pas de la dégoupiller, enfin, je dis ça pour vous hein.
Oui, encore une histoire d'allergie, je sais que c'est bien gonflant comme litanie, mais voyez-vous, je me sers largement de ce blog comme défouloir, une fois que c'est écrit, je prends beaucoup moins la tête à mon entourage. Oups.
Hier donc, rendez-vous chez l'allergo, que je n'ai pas loupé, bien évidemment, le contraire eusse été fort fâcheux. En même temps, je serai restée dans l'ignorance, ce qui est fort ballot par les temps qui courent.
Alors pour commencer, Madame L'Allergo a perdu le dossier de Mini et l'appelle donc par son dénominatif médical "Pomme-Bouleau".
Sympa.
Pomme-Bouleau rentre donc dans le cabinet et souffle dans son débitmètre de pointe (vous savez, le machin qui sert à mesurer le souffle).
Bilan: elle a un souffle de merde, comme sa mère. Sauf qu'elle, ça ne l'empêche pas de courir partout dans le parc, tel un petit chamois tout fou.

Ce que j'aime dans les consultations à l'hôpital, ce sont les internes. Vu qu'ils apprennent, les médecins titulaires leur expliquent des trucs de manière assez simple et pourtant superbement détaillée, et comme ça, toi, tu enregistres mieux parce que le doc explique plus. C'est vraiment intéressant, particulièrement en allergologie, qui est une spécialité relativement récente, sur laquelle les normes évoluent aussi vite que les connaissances qui découlent en grande partie des diverses observations qui ont pu être faites.

Hier, j'ai donc appris que ma fille avait une fausse allergie à l'arachide. Bah oui, quand on bouffe la moitié du paquet de curly sans aucune réaction, c'est que franchement, tout va bien de ce côté.
Oh, je ne me suis pas réjouie trop vite et j'ai BIEN FAIT.
La doc me parle de désensibilisation sur le pollen de bouleau à partir de la fin de l'année. J'en sais rien, mais à ce moment précis, j'ai du faire une tête bizarre, car elle m'a dit que cette désensibilitation n'aurait aucun effet sur ses allergies alimentaires. Bah oui, c'est juste de l'extrait de pollen de bouleau, rien d'autre.
Je rappelle que Mini est allergique à la pomme crue et à la noisette. Très fort.
Je lui demande alors "euh, il y a une chance que ces allergies disparaissent un jour?"
Réponse:
Non.
Enfin si, vers 70 ou 80 ans, peut-être.
Mais euh.

Et qu'elle t'explique le mécanisme à l'interne.
Et qu'en plus, non seulement l'allergie au bouleau peut déclencher une allergie à la pomme et à la noisette (ce qu'on appelle une allergie croisée, qui ne se déclenche pas forcément, mais qui arrive relativement souvent), mais en plus à plein d'autres trucs. Comme de par hasard qu'il n'est pas chiant du tout le bouleau (et tous ses potes les bétulacées: charmes, noisetiers, aulnes, et par déviation pour ma fille cerisiers et pommiers qu'ils te font la fête du pollen ceux là, je te dis que ça).
L'abricot. La banane. La nectarine. Le concombre. La chataîgne. Le raisin. Les épinards. Même le sarrasin. Et j'en oublie.

Mais euh².
Autant aucune allergie ne se déclarera jamais. Mais même.
"Ne sortez jamais sans votre seringue d'adrénaline, jamais"
"Soyez très vigilants"

Et qu'en plus, on pense à une probable allergie au latex (urticaire géante au gilet centerparcs, ste louze ma fille, franchement)(ainsi que tous ses potes d'allergie croisée qui sont approximativement les mêmes que pour le bouleau), sympatique dans le genre, non?

Alors hop, on se prend une rafale de zénitude dans la face, on ne stresse pas à la moindre bouchée de concombre, guettant un oedème qui ne viendra sans doute jamais. Oh ptain, j'espère, il n'arrivera jamais.
Sinon, je sais pas comment vous réagiriez à ma place, mais je ne confie ma fille sous aucun prétexte. Enfin si, qu'à des personnes en qui j'ai une confiance absolue, je dis bien absolue, qui n'hésiteront pas à dégainer le solupred ou l'anapen au moindre doute.

Ptain, les boules, quand même, grave.

Si mon petit bébé d'amour, 1m11, qui a fermé sa fontanelle à trois ans et demi, qui va rentrer au cp à la rentrée, qui est plus forte que je le suis, pouvait commander à ses anticorps et leur dire que maintenant, il suffit, dégagez, bande de machins ingrats?

Vazy ma fille, tu PEUX le faire.

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16 mars 2008

ours

Mini, hier matin, cherche sa tenue d'équitation. Et oui, elle monte à poney cette enfant, pas comme sa mère qui hurle dès qu'on la pose sur un canasson.
La polaire rose, indispensable, manque à l'appel.

Furieuse de ne pas la trouver, elle se met à crier sur sa mère (moi) de la sorte:


"Maman euh, où as-tu mis mon ours polaire?"

Ah ben dis donc, t'as raison ma fille, ça fait longtemps que je ne l'ai pas entendu grogner cuilà.


PS: je n'arrive pas à remettre ma sidebar à sa place, please help, vous qui manipulez cro bien css et html. Merci (ter).

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21 décembre 2007

the show must go on

The following takes place between 7 PM and 11 PM.


Il est en effet 19h en ce mercredi (dernier), il fait un froid polaire comme chacun s'en est rendu compte. Et oui, à moins de vivre dans le Sahara, on est tous passés par le stade doigts frigorifiés malgré les gants et orteils congelés qui ont su faire fi des trois paires de chaussettes enfilées en prévision.

Toujours acheter en hiver des chaussures d'une à deux pointures supérieures, toujours.

Bref, il est 19 heures, Mini a le teint cireux et tousse caverneux, et il faut qu'elle aille chez le médecin, ça urge. Comme sa nunuche de mère s'est plantée d'heure et qu'elle a loupé la consultation libre chez le doc, vlati pas que la gamine a rendez-vous à 19h45. C'est incroyable que dans ce pays, on fasse travailler les gens si tard, mais là n'est pas la question. Mais quand même, c'est incroyable.

La mère de Mini, cette vilaine bonne femme, est partie faire ses dernières courses de Noyel, parce qu'avant, elle ne pouvait pas, because entorse de dos et après elle ne pourra pas non plus, parce que son gentil époux est de permanence hiver dans sa mairie de trouducs, qu'il se lève à 5 heures tous les jours et qu'il travaille même le soir, et ce week-end aussi pendant qu'on y est, on n'aura jamais la paix. Il ne pourra donc pas emmener sa fille chez le doc, non non non, car les pompiers ou je ne sais qui l'appellent en urgence qu'il faut absolument qu'il y aille sinon toute la ville va exploser, limite. Jack Bauer, c'est lui, dans la vraie vie.

Je les fais quand mes courses de Noyel, en janvier?

C'est donc la grand-mère de Mini qui l'emmenera chez le doc. Non sans m'avoir téléphoné avant parce que Mini est brûlante et qu'elle préférerait que sa mère soit là (ouh ouh méééchante, elle est à la fnac ouh bouh nuuuuullle). Alors que je fais péter ma carte bleue, mon téléphone sonne, c'est l'enchaînement dans la louzitude, c'est le MEDECIN qui appelle en LIVE alors que je suis dans un célèbre magasin de jouets (bruyant). Trop discret, hinhin.
Lalalalalalala.
Et oui, j'ai oublié de rappeler que ma fille est allergique à la pénicilline, qu'elle a un traitement de fond et que ça serait bien qu'il represcrive le médoc, y'en a plus.
Lalalalalalala.
La prochaine fois, faire penser à Jack Bauer de ne pas emporter au boulot le carnet de santé de sa fille ainsi que MA carte vitale, c'est préférable, en fait.
Bilan: rhino-trachéite d'enfer, huit jours d'antibios, quatre de cortisone.

Je finis par rentrer chez moi, il est 21h30. Jack ayant accompli sa mission, et est donc à la maison, je peux aller chercher les médocs à la pharmacie de garde, priant pour qu'elle ne soit pas au fin fond du département.
Je passe d'abord au commissariat, c'est tout le temps comme ça, il faut aller faire kikou lol mdr aux flics pour qu'ils vous filent le pass vers la pharmacie de garde.

Bingo.
Fin fond du département.

Mon sens de l'orientation de nuit va être mis à l'épreuve.

C'est rien de le dire.
Mais alors rien du tout.
C'est l'Antarctique dans la voiture, en plus. Enfin, pas que dans la voiture, le chauffage a réussi à se mettre en route au bout de 18 minutes, j'avais les ongles bleus, glamour toujours.

J'ai mis la radio, c'est top la radio, parce que j'ai peur toute seule dans le noir.
RTL2, ptête une chance qu'ils nous mettent pas Pascal Obistro ou Fleuri Panier, pitié, je ne survivrai pas.

Hop ça commence par ce morceau...

Je n'ai pas peur de la route
Faudrait voir, faut qu'on y goûte
Des méandres au creux des reins
Et tout ira bien

Bouhouh mais pourquoi CETTE NUIT spécialement, c'est une pharmacie paumée que je dois trouver, hein, pourquoi? J'ai peur de la route, puisque je vous le dis, j'ai vraiment super la trouille de me retrouver à Mareil sur Mauldre ou je ne sais où, j'en suis bien capable. Moi au volant c'est: bon je vais par là....ah tiens c'est indiqué là...mais il est où ce ptain de panneau pourri?...C'est ça, double moi gros con....
Charmant.

Le vent l'emportera

Les emportera, les médocs, direct sur mon paillasson. Comment ça non?

Ton message à la grande ourse
Et la trajectoire de la course
A l'instantané de velours
Même s'il ne sert à rien

Voilà c'est exactement ça mon état d'esprit. Surtout le dernier truc, là.

Le vent l'emportera
Tout disparaîtra
Le vent nous portera

Bah il lui faudra beaucoup de force au vent, pour me porter. La voiture est crès lourde.


La caresse et la mitraille
Cette plaie qui nous tiraille
Le palais des autres jours
D'hier et demain

Justement, j'aimerai bien être rentrée avant demain.

Le vent les portera

Et c'est ce qu'on verra.

Génétique en bandoulière
Des chromosomes dans l'atmosphère
Des taxis pour les galaxies
Et mon tapis volant lui

Oui, et mon mien, de tapis volant chauffé avec pâtisseries et thé à volonté dessus, il est où?

Le vent l'emportera
Tout disparaîtra
Le vent nous portera

Ben en tout cas je suis pas rendue. Vu que ça fait juste vingt-cinq minutes que j'erre dans la forêt à me demander ce que je fabrique là, que les extra-terrestres ont du emporter toutes les pharmacies du coin. Ah si, y'en a une là....

Ce parfum de nos années mortes
Ceux qui peuvent frapper à ta porte
Infinité de destin
On en pose un, qu'est-ce qu'on en retient?

Ah ben non, mon destin a dit que je ne devais pas trouver la bonne pharmacie tout de suite. En fait, si, tout à l'heure je l'ai trouvée, mais Jack Bauer m'a dit au téléphone que c'était pas celle là. Alors je suis allée me cailler les miches dehors pour rien en me demandant comment entrer dans une pharmacie fermée. Caillera je suis. Ah Ah Ah.

Le vent l'emportera

Tu m'agaces avec ton vent. Il n'emporte rien du tout, et surtout pas la pharmacie. Ah si, le froid polaire, il le répand bien partout, le vent.

Pendant que la marée monte
Et que chacun refait ses comptes
J'emmène au creux de mon ombre

Des poussières de toi


Ah victoire, j'arrive sur le parking de la pharmacie. Enfin du centre commercial fermé, brrrr y'a plein de courants d'air et mon nez coule tout seul.

Le vent les portera
Tout disparaîtra

Le vent nous portera


Finalement, j'y suis arrivée, j'ai les médocs, et un petit commentaire de la pharmacienne "rha on dirait que vous avez eu du mal à trouver".
Tu m'étonnes, il est 22h30. Une demi-heure pour moins de dix kilomètres, et y'avait même pas grève.

Trajet retour maintenant.
Evidemment, ne prenons pas le même chemin, ça serait trop facile.


Empty spaces - what are we living for
Abandoned places - I guess we know the score


Bon elle est où, cette route pourrie? Pourquoi y'a pas Vincent Elbaz dehors par -6°C pour m'indiquer le chemin?

On and on,
does anybody know what we are looking for...


Oh si moi je sais très bien ce que je look for: ma maison, ma douche chaude, mes chocolats.

Another hero, another mindless crime
Behind the curtain, in the pantomime

Hold the line, does anybody want to take it anymore

Mais c'est que je commence à me foutre la trouille toute seule, je suis PAUMEE! Comment c'est possible, mais pourquoiiiiiii?

The show must go on
The show must go on, yeah
Inside my heart is breaking
My make-up may be flaking
But my smile still stays on

Oui, voilà, c'est que ça doit continuer comme ça a commencé, perdu, lost in nowhere, restons calme, je vais bien finir par pouvoir prendre la direction inverse.

Whatever happens, I'll leave it all to chance
Another heartache, another failed romance
On and on, does anybody know what we are living for ?
I guess I'm learning (I'm learning learning learning)

I'm learning, c'est ça. Il me faudrait un GPS tiens, voilà un truc qui me serait utile. Je suis perdue, bourdel à kiottes, à dix kilomètres de chez moi, en plus. Si c'est pas craindre du boudin, je ne sais pas ce que c'est.

I must be warmer now
I'll soon be turning (turning turning turning)
Round the corner now

Oui, voilà, tournons là, let's go, en route pour l'aventure! Ptain ce que ça pèle, je suis fatiguée, j'ai froid, j'ai faim, et personne ne m'a acheté de pyrénnéens, chuis sûre.


Outside the dawn is breaking
But inside in the dark
I'm aching to be free


Alors pas du tout, c'est la NUIT NOIRE, mais archi noire, quelques lampadaires deci delà, mais c'est bien le bout du monde. Alors oui, j'aspire à la liberté, mais autant vous le dire tout de suite, c'est mort pour que j'aille habiter un jour dans le trou des fesses du monde. Out of question, vraiment.

The show must go on
The show must go on, yeah yeah
Ooh, inside my heart is breaking
My make-up may be flaking
But my smile still stays on


Oué je suis bien consciente de ma situation, je ne suis pas maquillée mais c'est tout comme, avec les cernes que je me tape, le premier qui me croise aura l'impression que je n'ai pas dormi depuis douze ans. Par contre, mon petit coeur, il a peur de ne pas retrouver son chemin. Alors vite, ça suffit les blagues.

Yeah yeah, whoa wo oh oh

Voilà, laissons nous aller, ça ira mieux après.

My soul is painted like the wings of butterflies
Fairytales of yesterday will grow but never die
I can fly - my friends
The show must go on (go on, go on, go on) yeah yeah
The show must go on (go on, go on, go on)
I'll face it with a grin
I'm never giving in
On - with the show

Oui, telle Mary Poppins, je sais voler, mais je ne préfère pas utiliser ce pouvoir en présence de Moldus. Je n'abandonne jamais, mais jamais, je tiens à ma réussite, je vois le chemin inondé de lumière qui me ramène chez moi (chauffé) et à ma douche chaude brûlantissime. Je vois des papillons aussi, mais c'est mon hypoglycémie.

Ooh, I'll top the bill, I'll overkill
I have to find the will to carry on
On with the show
On with the show
The show - the show must go on
Go on, go on, go on, go on, go on
Go on, go on, go on, go on, go on
Go on, go on, go on, go on, go on
Go on, go on, go on, go on, go on
Go on, go on


Give me five, Freddie, I'm home alive.





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24 octobre 2007

complainte

Ras-le-bol. Enfin, en disant bol, je suis polie.

Je vais pouvoir, je pense, d'ici peu, déjà péter le plomb pour commencer, et ensuite faire la référence des différents produits pour personnes allergiques.
Et ça me gonfle. Vraiment, je préfère une bonne vieille mycose à cette maladie allergique super pénible qui me bouffe tant d'énergie.
Avec Mini (je vais d'ailleurs devoir lui trouver un autre pseudo, elle qui a pris 12 cm depuis mai 2006), on avait déjà l'éventail fruits à coque, arachide, pomme/kiwi et noisette. Bien relou déjà. Surtout que je vis déjà avec la peur perpétuelle qu'elle ingére par inadvertance un aliment auquel elle est très allergique et qu'elle me fasse une réaction maousse et que je sois donc par conséquent obligée d'utiliser la seringue d'adrénaline. Voire qu'elle la fasse à l'école, ou en sortie. Oué un petit oedème de Quincke chez Mickey, trop super.

Hier, j'avais rendez-vous chez une gastro-pédiatre pour Chonchon.
Puisque ça fait plusieurs mois qu'il enchaîne des réactions bizarres, genre oedèmes divers, bousasses atomiques et eczéma, il était temps qu'on agisse. J'avais un petit espoir qu'il ai juste un deréglement de la flore intestinale, et qu'avec un médoc, tout se résolve en quelques jours.
Donc j'arrive au rendez-vous, ça commence bien, Chonchon a beaucoup grandi et pas mal grossi, good point.
Puis elle l'ausculte. S'aperçoit de la présence de plaques d'eczéma sur les bras, et sur le torse aussi.
Elle me dit alors: "Madame, il s'agit sûrement d'une allergie aux protéines de lait de vache".

Triple vrille du cerveau, quadruple salto du coeur qui s'entortille dans les poumons (je ne pouvais pas refaire une descente d'organes là....quoique. Mes entrailles ne sont pas belles à voir, tout est mélangé maintenant).

Donc nous revoilà repartis pour une consultation en allergologie: prick-tests et sûrement prises de sang. Je vais devenir une experte. On va donc tester le lait de vache, les oeufs, l'arachide, le soja et le poisson. Je pré-tremble des résultats, j'appréhende à fond. Surtout que la spécialiste d'hier connaît son affaire et a classé le cas de mon fils de relativement urgent. Bah oui, en cas d'allergie alimentaire, soit on réagit immédiatement, soit cela peut prendre plusieurs mois/années avant de se révéler. Il suffit que Chonchon dépasse son quota et hop, il peut faire une réaction brutale.

Je sens que je vais mal pas dormir.
Et pour avoir un rendez-vous en allergo, je ne vous raconte pas le parcours du combattant. Je parle bien évidemment de quelqu'un de compétent hein, pas le tartignolle qui disait que Mini pouvait manger une noisette, pour voir. J'ai appelé l'hôpital où est suivie Mini, premier rendez-vous: le 31 janvier.
Pas possible, moi pas pouvoir vivre dans peur danger permanent, madame.

Je rappelle le cabinet en ville de la même allergologue: 26 novembre.
Pas possible, moi difficile, mais moi flippée, pas pouvoir vivre dans peur danger. Surtout qu'il y a du lait partout, c'est de la folie, je vais passer des heures à faire mes courses. Trouver ce qu'il peut manger, ou pas. Les allergies de mes deux gosses ne correspondent pas, mais c'est exprès pour tester ma patience, ou alors j'étais sur talonnettes dans une autre vie?

Me reste donc une dernière solution, celle proposée par la pédiatre d'hier, qui fera passer Chonchon en priorité sur la liste de l'allergologue d'un hôpital parisien.

Je cours toute la journée, chercher des rendez-vous, lire les étiquettes, expliquer à un bébé de 22 mois que non, il ne peut pas manger de prince et que malgré ses pleurs, tenir bon, la larme à l'oeil et le coeur serré.
Et comme j'allaite encore, je ne peux pas non plus manger de lait de vache, il passe à 20% dans le lait maternel, et ce pendant 48 heures.

Soupir.
Ceci était ma complainte, je hais les allergies, je les hais.

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15 octobre 2007

free staïle

Comment ça sera dans cinq ou dix ans, j'en sais rien, mais le shopping avec Mini, c'est du grand art. On a expérimenté la chose, une première depuis ses cinq ans, ce ouikènde. Formidable.

Plusieurs missions:
- Trouver des chaussons de piscine pour Nounette (so classe, chicos à donf);
- Acheter la trottinette cars, cadeau d'anniv de Mini;
- Trouver une tasse pour le petit-déjeuner pour Nounette, son père l'ayant cassé le matin même en s'amusant à démonter la fenêtre de la cuisine (ne me demandez pas de détails, ça me déprime suffisamment).

Cette expédition vous semble plus légère que celle de Paul-Emile Victor, mais lui, au moins, n'avait pas la galère de la foule. Bah oui, un samedi après-midi, les gens se précipitent dans les boutiques, il faut absolument qu'ils fassent des courses. Doivent avoir des sous. C'est quand même extraordinaire que dans ce pays, on empêche les gens de travailler (oups). Oh pourquoi nous alors? Parce que nous étions trois, angel, Mini et moi et tralalali tralalala.

Premier magasin (de sport).
Trouvé les chaussons tout de suite. Attend que ma fille essaie toutes les bombes d'équitation, joue avec tous les ballons exposés, déplie treize t-shirts taille XL, essaie toutes les lampes de poche à la caisse (et ça c'est kwwwwa maaaaman?), s'approprie une planche de surf (et ça c'est pour se mettre debout sur l'eau, maaaaamaaan?). Elle est où ma crotinette cars? Non je n'ai pas répondu dans ton cu*l, mon enfant.

Donc direction, magasin de crotinettes:
Trouvé la crotinette tout de suite. Attend que ma fille essaie les trois toboggans. Attend qu'elle choisisse des polly pocket pas hors de prïce (budget: 10€ max). Qu'elle teste les baballes cars. Qu'elle s'extasie sur les peluches Hello Kikki (si si ça existe).

Puis "à la recherche de la nouvelle tasse".
Boutique numéro 1: ah oui elle est pas mal celle-là, mais allons faire le tour de toutes les 273 boutiques voir si on trouve mieux. Ah oué trop bien oué!

Boutique numéro 2: pas de tasse. Attend que ma fille finisse de jouer avec les mugs à 23 euros l'anse. Qu'elle range les lots de louches et de cuillères à pâtes. Qu'elle se balade avec la cafetière en verre en demandant à quoi ça sert (39 887 décibels).

Boutique numéro 3: pas de tasse pour petite fille. Attend que mon autre fille ai fini de se vautrer dans le canapé d'expo. Qu'elle contemple les rideaux de douche. Mais arrêtez de dire que je n'ai aucune autorité, elle s'exprime cette enfant, d'abord.

Boutique numéro 4: pas de tasse. Regarde ma fille faire tomber une pile de poufs. Attend qu'elle ai fini de jouer et de parler avec un pyjama taille 1 mois. Qu'elle commente un joli gilet, hein maman JE TE PARLE, il est joli le gilet hein?

Boutique numéro 5: pas de tasse. Mais c'est normal, c'est Angel qui cherche une écharpe pour bébé là-dedans. Huum, pas terrible. Attendons que Mini décapite le mannequin en tissu. Qu'elle le(s) déshabille. Qu'il(s) se casse(nt) la goule et que je doive le(s) ramasser devant tout le monde et qu'en plus, ces machins sont montés sur PIQUE, imaginez moi en train d'essayer d'enfoncer un pique dans un trou de u de mannequin enfant (heureusement il n'était pas vivant). Qu'elle déboutonne une tenue pour bébé fille le temps que je m'occupasse du mannequin. Sortons. Oui, maintenant, ça urge.

Retour boutique numéro 1: achat de tasse.

Dégagage du centre commercial.
Vite.

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20 septembre 2007

5 ans




Il y a cinq ans*



Non ce n'est pas possible, mon bébé, déjà cinq ans, non non c'est impossible, je ne peux pas le croire. Je ne fais pas semblant, je n'y crois vraiment pas hein. C'est fou quand même, je me souviens farpaitement de ta naissance comme si c'était hier. De ton premier sourire. De tes premiers pas tant attendus. De ta varicelle et de ta fontanelle (je devrais écrire des chansons, je suis sûre que je réussirais à faire pleurer les foules)(oui les foules toutes entières d'un seul pleur s'uniraient à ma poésie).

Te voilà maintenant avec tes cinq ans, tes mots d'enfant qui nous font tant rire, ta collection de t-shirts d'hello kitty et de gilets, tes superbes dessins (objectivement), tes petits défauts de prononciation, ta façon bien à toi de ranger les playmobils (j'ai des preuves), ton sens aigu de la justice (on t'appelle l'Avocate, dans les milieux un peu brumeux).

Et puis cinq ans c'est grand, alors ce soir, c'est ton tour de faire la vaisselle.

Nan j'déconne, j'exploite pas les enfants quand même hein faut pas croire. Pas DU TOUT mon genre, mais alors PAS DU TOUT.


* photo d'angel, qui était là y'a cinq ans aussi.

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18 septembre 2007

le retoude de la pitite noisède

Ce matin, je suis allée chercher les résultats des analyses de Mini au labo. Bon, j'ai mis du temps pour me lever, car hier j'ai fait bombance avec le reste de gatal à la framboise (ou à la fraise, who knows?) récupéré du mariage de samedi, et le moins que l'on puisse dire, c'est que maintenant je dois boire au minimum cinq litres de coca pour retrouver un estomac normal. Forcément, la chose avait voyagé pendant une heure et demi dans la voiture par 30°C, alors il n'a pas trop aimé après le séjour de vingt-quatre heures supplémentaires dans mon frigo.

Bref, je n'étais pas du tout en train de parler de mon état de santé -précaire, la bronchite est encore là, ça sent le sapin-, mais des analyses de Mini, qui m'ont tout de suite fait oublier mon vieux corps décrépi, que des fois la framboise t'en veut personnellement et te le fait payer grassement.

J'arrive au labo donc, pleine d'espoir (mais qui m'a mis Don't cry des Guns sur mon mp3, qui?) et dynamique as usual, je n'avais même pas pris la précaution d'avoir un noeud à l'estomac, la framboise s'en était chargée pour moi, trop trop trop sympa, et à qui on dit merci? A la framboise périmée, oué!
J'avais la bouche collée par tant de harcèlement framboisier (et je ne parle pas des Musclés), j'essaie de parler correctement à la dame, mais je n'y arrive pas et suis donc obligée, au risque certain de me rendre ridicule, qui ne tue pas, merci à lui, de faire un check sound devant la secrétaire genre "un deux un deux check" pour mettre au point mes cordes vocales. S'exprimer correctement n'est pas si facile, surtout avec 1/la bouche pâteuse 2/une nouvelle fausse dent à laquelle on n'est pas tellement habituée, j'aime pas trop les fakes.

La gentille dame finit par me comprendre, ouf, il était temps, ça fait un quart d'heure que j'essaie de sortir trois syllabes cohérentes pour récupérer l'enveloppe. Le résultat m'angoisse. La mesure de l'allergie à la noisette va être révélée, ainsi que son éventuelle allergie à l'arachide. Au moment où je tends la main vers l'enveloppe qui contient l'exacte mesure des IgE spécifiques des trophallergènes (si j'ai envie de me la péter, je le fais, ça faisait longtemps que je rêvais de dire un truc d'intelligent sur ce blog). Mais au moment de l'atteindre, la biologiste la reprend, me regarde et me dit: "attention madame, votre fille a de grosses allergies".
Descente d'organes.

Effectivement:
allergie à la noisette --->29.70 kU/l
allergie à l'arachide---->1.78 kU/L
Pour vous, ces chiffres ne veulent rien dire.
Expliquons brièvement. On sait déjà qu'un résultat supérieur à 0.1 est positif. Cela veut dire qu'il existe dans le sang un anticorps à l'allergène testé. Quand c'est 0.1 ou 0.2, ça va.
Voilà un petit tableau récapitulatif:

<0.35 = classe 0 indétectable
0.35 - 0.70 = classe 1 faible
0.70 - 3.50 = classe 2 modéré
3.50 - 17.50 = classe 3 élévé
17.50 - 50.00 = classe 4 trés élevé
50.00 - 100 = classe 5 trés élevé
> 100 = classe 6 trés élevé

Regardez par vous-même et comprenez ma déprime.
Car malgré l'allergie modérée à l'arachide, ça ne va sans doute pas empêcher l'allergologue de refaire les prick-tests sur Mini la prochaine fois, et pour tous les fruits à coque. J'espère me tromper. Oh, je l'espère sincérement (c'est mal de faire ses diagnostics sur internet, c'est très mal et très vilain, on flippe trois fois plus après).
Et pour la noisette, je pense recontacter l'autre médecin qui m'avait dit en mai que je pouvais essayer de faire goûter de la noisette entière à Mini, "pour voir". Ce qu'il va voir, c'est Xila toute rouge oui, nan mais il veut que j'ai tous les pompiers de la zone dans mon chez-moi lui ou quoi?

Je vais de ce pas remplir un petit dossier de questions sur les aliments contenant de la noisette (et de l'arachide), pour le prochain rendez-vous début octobre.
Ensuite, je file à la pharma, faire le plein de stylos d'adrénaline, pour me sentir sécurisée.

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06 septembre 2007

pitite noisède roude*

Vingt-trois.
Je les ai comptées.

Vingt-trois petites piqûres dans les bras pour Mini ce matin chez l'allergologue. Des petits picpics de poussin, qu'elle disait, la dame, afin de rassurer ma fille. Ils devaient être super sauvages, ces poussins-là, car vu comment ma fille a pleuré, je suppose que quand même, ils ne faisaient pas des caresses de bec. Elle pleurait mais ne bougeait pas, elle me regardait, ses grosses larmes coulant sur ma main qui lui tenait le poignet, tout ça en disant doucement "Maman Maman". Elle avait les deux bras picotés et crayonnés et ne pouvait même pas tenir ce grand nigaud de Lumpy contre son coeur pour se rassurer.
Mais comment je fais, moi? Je pleure aussi? C'est hoooorrible! L'allergologue m'a regardée bizarrement, mais oui madame, j'ai des sentiments moi, c'est mon enfant que j'ai portée dans mon ventre, que j'aime et que je protège, même des petits poussins qui piquent.
J'ai maudit ces allergies et mes gènes pourris. Faut pas se leurrer hein, elle a chopé la partie bien naze de mon code génétique, la partie "je suis allergique comme ma mère" et non pas celle "j'éternue vaguement quand je mange du chocolat" de son père.
Allergies à la noisette et au bouleau et tous ses potes (aulne, noisetier et charme) confirmées, avec une allergie croisée probable à la cerise, au kiwi, à la pêche et au brugnon. Sympa pour une petite fille qui adore les fruits -notamment les pommes-, qui salive rien qu'à leur vue. La pomme, c'est dur, car son allergie est vraiment très forte, les réactions quand elle en ingère -maintenant par accident- sont de plus en plus marquées. On a frôlé l'oedème de Quincke la dernière fois, et je flippe de tout ce qui contient de la pomme (crue ou en jus), qu'elle touche de la pomme et porte ses doigts à la bouche. La noisette c'est pareil, et vu qu'elle a toussé pendant toute la nuit d'en avoir mangé une micro-miette, je me refuse à lui donner les fruits qui provoquent les allergies croisés.
J'épluche les étiquettes, j'évite même les "traces de noisette" et les "fabriqué dans un atelier qui utilise des noisettes" ou encore les "présence éventuelle de noisette". Pareil avec l'arachide, on ne sait pas si elle y est ou non allergique.
Tout ça me gonfle, les prick-tests, les prises de sang, ma gamine qui pleure mais qui ne bouge pas lors des examens, la priver d'aliments qu'elle aime. Elle endure tout sans se plaindre, même les médicaments infâmes qu'elle avale en disant miam. Alors je lui dis qu'elle est courageuse, je lui offre des playmobils et des vêtements rouges.
Je sais que c'est pénible, mais qu'il y a pire.
J'ai juste envie d'évacuer (mais non je ne suis pas aux double vécés).

Là ce soir, et ce depuis hier, elle tousse, tout simplement parce que je lui ai donné des "petit écolier" pour le goûter . J'ai envie de dire: mais lâchez la, bande de protéines péraves, vous n'êtes rien qu'à des gwosses dégoulasses.

*traduction: petite noisette rouge

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25 août 2007

David Guetta à Villaines la Juhel


Première partie de mes vacances, la découverte de la Mayenne et de la Haute-Sarthe. Si si pour de vrai je suis allée là-bas, hein, ce n'est que la sainte vérité, je l'affirme haut et fort. Enfin, fort, tout est relatif, parce que j'ai pas l'air malin à brailler comme une gueudin devant mon ordi que juste mes voisins m'entendent et me prennent accessoirement pour la folle du quartier, si ne n'était pas déjà fait.
Nous sommes partis des Yvelines samedi dernier, et nous avons traversé plein de départements: le 27, le 28, le 61, le 53 et même le 72. Tout ça en trois heures. Même que je me suis fait flasher par un radar automatique parce que je suis une crétine de première catégorie, il pleuvait comme vache qui se soulage et je n'ai pas fait attention. D'ailleurs à ce propos, je l'ai particulièrement mauvaise, parce que 91km/h pour une vitesse limitée à 90, faut quand même chercher des poux dans la tête de Chiita et me faire payer 90€ pour le plaisir. C'est dire que ça me l'a gâché, le plaisir, d'ailleurs.
Ensuite, on arrive à l'hôtel (à Villaines la Juhel, ville fleurie 1 *, romantique et pluvieuse cf photo)(remarquez qu'il y a plus de routes que d'espaces verts, c'est normal, c'est la ville, faites zéro virgule deux kilomètres et vous trouverez de vrais champs remplis de cultures ou pas). On décharge les bagages, nos valises pleines d'habits, le lit de Chonchon, enfin tout ce qui a priori n'allait pas nous servir. Ben ui, on va tous à un mariage les amis, un mariage au fin fonds du monde, là où la civilisation a du mal à pénétrer, entre la jungle sarthoise et les hauts-plateaux mayennais.
On reprend ensuite la route.
Villaines-la-Juhel ---> Sillé le Guillaume. Peut-être quinze kilomètres. Maximum. Et pas des kilomètres en ligne droite, où tu peux aller à 110km/h hein. Non, des petites routes sinueuses pas goudronnées sur les rebords, avec un champ à droite, un champ à gauche, tiens une maison en ruine, bref la campagne profonde. Là tu croises un tracteur, t'es vraiment mal, tu dois aller te garer dans le champ, et vu qu'il a beaucoup plu, le tracteur doit revenir après pour te sortir de la gadoue. La loose. On arrive au village, on loupe la mairie, pourtant on passe devant mais on ne calcule pas que c'est la mairie. Le temps de faire demi-tour, on entend au fond de la voiture:"J'ai envie de vomiiide j'ai envie de vomiiiide" (c'est Mini qui parle, elle ne vas pas vomir, ce qui est moche et nul, elle va vomide, ce qui est classieux et bo-bo). On lui dit, en parents indignes et pas très intelligents, de patienter deux minutes, mais deux minutes, quand tu as envie de vomide, c'est impossible.
Résultat: arrêt immédiat sur le bas côté, le long d'une des quatre maisons de la rue -l'envie de vomide ne choisit pas-, et elle dégobille sur: le siège auto, devant son siège, sur sa robe, son t-shirt, ses chaussures, mon pantalon et son doudou. Ouéééééé! La pauvre se retrouve en culotte dans la Sarthe, ça sent le vomide à perte d'odorat, et je suis obligée de me retaper le trajet en sens inverse pour aller lui donner une douche à l'hôtel, la rhabiller proprement, rincer le vomi dans la baignoire, aller au super U m'approvisionner en fébrèze et autres lingettes nettoyantes (fébrèze biiien, lingettes nettoyantes nuuuul).

Et hop, nous voilà reparties pour le mariage, j'ai super faim (sisisisi c'est possible), Mini est toute propre, j'ai quand même emporté une tenue de rechange au cas-où, parce que 40 km pour aller chercher un futal propre, ça va bien aussi, surtout sur une route limite moins large que la voiture. A deux kilomètres du point de chute, un cri retentit: "je vais VOOOOOMIIIIDE". Arrêt urgent, vomide sur la route, sur mes tongs et sur mon pantalon again (noir, évidemment, pour mieux faire ressortir la couleur naturelle du vomide).
Super. Je suis d'une élégance rare pour faire mes mondanités sarthoises moi tiens.

On arrive là-bas, personne ne m'a gardé de chouquettes au vin d'honneur et après j'avais super faim, parce que je suis végétarienne et qu'au repas, y'avait de l'agneau avec des flageolets, et que j'aime pas trop les flageolets moi. On est partis à minuit, sans fromage, sans dessert, la fête battait son plein mais je trouvais ça long, il faisait une chaleur digne d'un sauna en plus et je connaissais en tout cinq personnes (je ne suis pas sociable finalement). Et puis Chonchon s'était endormi dans l'écharpe, les filles couraient dans tous les sens avec les autres mômes en poussant des cris stridents, et surtout il faisait nuit noire, sans éclairage sur une route large comme ma main, j'ai mis une heure pour faire 25 kilomètres.

Arrivés à l'hôtel, on s'est aperçus que le samedi soir, à Villaines la Juhel, c'était soirée karaoké suivie d'une fiesta David Guetta staïle jusqu'à trois heures du matin. Le lit était aussi large que mon petit orteil, on a presque du faire des tours de veille avec Pierre Richard.

On était frais le lendemain. De vrais gardons.

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15 mai 2007

le jour le plus long

C'est aujourd'hui. Déjà que d'habitude, le mardi, c'est pourri, et bien là je crois que ce mardi-là, c'est irrémédiable, c'est vraiment une belle grosse daube toute pérave. Une conjoncture astrologique de planètes qui ne peuvent pas se blairer, un assemblage de pièces de puzzle qui ne vont pas ensemble.
Oui, c'est un fait, c'est indéniable.
Ce matin, je me suis pourtant levée pleine d'espoir quant à la beauté de la vie, ptêtre que par hasard un séprident assez petit récemment élu aurait été attrapé par une rupture d'anévrisme (mais c'est mal de souhaiter la totale muerte des gens, c'est pour ça en fait que tout arrive, c'est vaudou!), ou que les Seychelles seraient temporairement venues jusqu'au bassin parisien, genre. Je rêvais d'un monde où la lune serait blonde, tout ça.
Mais en fait, ça ne s'est pas passé comme ça. Et puis y'a pas à dire, ça ne se passe jamais comme on veut. Jamais. Ou alors ça veut dire que quelque chose cloche.

Bref, commençons par le commencement, c'est ainsi qu'a fait Dieu lorsqu'il créa le monde (mais si, puisque amen je vous le dis).

Hier, Mini a passé des tests d'allergie. Elle ne voulait pas y aller, parce qu'elle savait déjà ce qu'on allait lui faire. J'ai donc du la contenir alors qu'elle hurlait, pendant que le doc, fort aimable et aux tympans temporairement explosés donc, lui fait ses prick tests. On sait maintenant qu'elle est allergique à la pomme crue (si si c'est possible), à la noisette, et à la cacahouète (arachide). C'est pas grave hein, mais c'est CHIANT. L'arachide, surtout.
Et donc, ce matin, je suis allée chercher ses résultats d'analyses (parce que je suis une traumasatrice d'enfant, elle a subi aussi une prise de sang jeudi dernier). Hop hop, au moins un kilomètre et deux cents euros dans ma face. Pour apprendre qu'elle a vraiment un énorme terrain allergique, ah ben pas merci, je le savais déjà. Surtout au bouleau. Cherchez pas. Et ces histoires d'allergie, ça implique un PAI (projet d'accueil individualisé) avec la mairie pour la cantine, et avec l'école. Prévenir la maîtresse et la directrice, qui contacte le médecin scolaire. Trop le programme génial, pour s'occuper, au cas où on s'emmerderait, éventuellement.
Donc je passe chercher les papiers à remplir à la mairie, en haut de la côte, près de l'école mais même. Hop, re, neuf cents mètres.

On attend devant l'école, parce qu'on est en avance, et oui, ça arrive. Chonchon s'amuse à grimper sur sa poussette. Il se met debout, parce qu'il est cascadeur un peu, couillon, beaucoup. Et devinez ce qui arriva? La poussette tombe à la renverse et Chonchon, son front, son nez, tout ce petit monde s'éclate sur le bitume. Les minutes qui suivirent se passèrent dans les hurlements et le sang. Chonchon est super beau, avec le nez rouge, mon petit poivrot. Même que ce soir, un papy qui abuse sûrement de la binouse m'a dit: "ah ah ah ben c'est pas carnaval aujourd'hui, petit clown". Trop morte de rire j'étais. Littéralement écroulée par terre tellement j'en pouvais plus.

On rentre à la maison, mes trois enfants et moi. On déjeune. Sauf moi (pas le temps) et Chonchon (pas faim). D'ailleurs je trouve qu'il est quand même bizarre, Chonchon, avec sa gastro persistante. Et son teint jaune remarqué par le papa d'angel.Le fait qu'il ne mange pas bien, qu'il soit fatigué, qu'il se frotte la tête en disant "aïe aïe". Hum... Je décide, soyons fous -ou plutôt soyons folle- de l'emmener chez le doc.
Ramener les filles à l'école. Sept cents mètres.
Aller chez le doc. Au moins la distance Terre-Lune. Au moins.
En plus y'a vachement de monde, on a attendu une heure trente.
Verdict: hépatite A.
Mon fils a l'hépatite du caca. Glorieux, non?

Alors comme qui dirait, une certaine lassitude m'envahit.
Ce soir, je crois qu'il va y avoir une entorse au régime et commande de dîner au restau chinois. A bon entendeur.


Ben quoi, j'ai le droit, j'ai perdu 5.5kg, quand même (et ça se voit même pas).Quand je dis qu'il y a vaudou!

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08 avril 2007

chiens & co

Mini compte (enfin, pas devant le doc débile de la PMI, n'exagérons rien)

un
deux
twoi
quatre
cinq
six
sept
huit
neuf
dix
onze
douze
teize
quatoze
quinze
seize
dix-chien
dix-ouit
dix-neuf
vingt
vingt et chien
vingt deux
vingt-trois
vingt-quatre
vingt-cinq
vingt-six
vingt-chien
vingt-huit
vingt-neuf
vingt-chien


Ah ben y'en a du clébard là-dedans, mais comme j'aime pas trop trop les chiens -enfin ça dépend, en photo ou bien les chiens que je connais, ça va- aucun risque qu'il y ait un chien ici. Et encore moins vingt et chien hein.



Rien à voir.... Aujourd'hui, ma balance que je n'aime pas encore est de service:


I'm on the way! Monica, it's me, no doubt allowed.

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24 mars 2007

welcome in the jungle, baby

Après la rumba de l'autre jour, il fallait quand même quelque chose d'autrement plus musclé pour lutter contre l'immobilisme général. Je ne parle pas de vous hein, loin s'en faut. Malgré mon énervement, je suis donc allée au rendez-vous avec le médecin de la PMI
J'ai fait cet immense effort, sachant que déjà je n'avais pas envie d'y aller, et qu'ensuite, le rendez-vous étant à 10 heures, je n'avais pas le temps de rentrer chez moi après avoir déposé Mini à 8h30, à moins de courir très vite et de revenir (de faire ça toute la journée, pendant que j'y étais, genre l'essuie-glace urbain aller retour aller retour aller retour). J'avais avec moi mon chonchon et son angine, présentement sous antibiotiques, et Nounette, la pouxiférée, sur laquelle j'avais le matin même retrouvé deux poux vivants. Ma joie était grande, ma motivation intense, imaginez bien. J'étais donc totalement hystérique, il faut le dire.

J'arrive donc vers 10h05, après avoir passé trois quarts d'heure à la ludothèque, afin que Chonchon et Nounette s'ébattent un peu (je passerais les conversations que j'ai pu entendre là-bas, pathétiques). J'attends dans le couloir, avec trois enfants qui courent partout/touchent à tout/plein de poux/excités comme tout. Pratique. Le gamin qui passe avant Mini est total trauma, hurle à la mort qu'il veut seulement sa môman, renifle et tout le tintouin. Comment ça donne envie, grave.
Finalement, c'est notre tour.
Le truc a lieu dans le dortoir, imaginez donc ce qu'a bien pu faire Chonchon? La revolucion, todas les promesas de amor se iran contigo, me olvidaran, hasta siempre che guevara. Bronx land, mes clés sous les petits lits, la table crayonnée, et l'autre qui commence avec ses questions.

Bilan fait le 29 janvier.
Quel est l'intérêt de le refaire le 23 mars?
Aucun, nous sommes d'accord.

Elle me demande si j'ai eu un accouchement normal. Je regrette d'avoir été trop brève dans la réponse, j'aurais du raconter l'intégralité de mon accouchement, goutte de sueur par goutte de sang.

Ensuite elle pose des questions à Mini et me dit: "han ben en langage spontané, on comprend pas tout hein" ce à quoi je répond "elle va chez l'orthophoniste vous savez, Rome ne s'est pas fait en un jour". Elle acquiesce bovinement.
Puis Mini fait un bonhomme, écrit son prénom, et même dit toutes les couleurs de tous les feutres waouh, du coup elle a droit à "couleurs+++" sur son petit dossier dé mierda. Affligeant. C'est fou, son bonhomme a une bouche et des oreilles, waouh.

Enfin, elle passe au test dit de langage.
D'abord, il faut répéter les noms des nains de blanche neige. 4/7, je pense que ma fille a un piti problème avec les nains, faut signaler. Après, elle lui fait répéter des soit-disant noms d'indiens qui ne veulent rien dire, ce ne sont que des successions de syllabes. Mini coopére gentiment, je suis étonnée. Ah c'est bien, elle était dans le rouge en janvier et là, elle est dans le orange, je me retiens pour ne pas danser la macarena.

Après vient un test que j'ai particulièrement aimé.
Le petit chien.
Wouf Wouf. Ouah ouah, c'est comme on veut.
Un chien et une niche sont dessinés. Neuf fois. Le chien est dans la niche, à côté de la niche, derrière la niche, sous la niche même, un peu teubé. Elle lui dit:"tu vois, là le chien est DANS la niche, et là image d'à côté il est où?"
Réponse attendue: le chien est à côté de la niche.
Réponse de Mini: le chien est dehors. Par opposé à dedans. Elle restera ferme tout du long. Et puis un chien, ça fait rarement mumuse SUR ou SOUS une niche.

Là, tout déraille.
Elle lui demande de compter.
1,2,3,4,5,7,9,14,21.
Ah c'est bien, elle a acquis le 5.
Mes yeux roulent sept fois dans leurs orbites respectives. Je ricane sournoisement par dedans mon cerveau déjà enduit d'une sorte de cire protectrice.
Et là, le test ultime. Mini s'en fout. Tout ça la gave, elle sent que ça me gonfle, alors elle perd patience. La dame lui présente une image d'enfants dans la salle de bains. Il faut absolument que Mini sorte des mots-clés du type "un ou le" "je" "elle" "à la" "parce que" etc... Elle se braque et pleure. Je la prends sur mes genoux, elle consent à répondre, mais pas trop parce que ça la gave, elle veut aller jouer avec son frère qui FOUT LE BRONX reviens ici! et sa soeur qui fait la java MAIS ARRETE IMMEDIATEMENT DE COURIR!.

Tout va bien.

Ensuite, elle lui fait répéter des phrases. Fin du test.
Mini n'est plus profil rouge, mais profil orange. Trop de la balle, la oij dans mon coeur.
Bon quand même, elle est timide, deuxième de la fratrie, je la trouve anxieuse, faudrait songer à voir un psy pour régler tout ça. Plus vous le ferez tôt, mieux ça ira. Ma bouche refuse de dire ce que mon cerveau pense très fort, je reste au summum de la zenitude et je dis:"ok ok c'est ça oui oui" tout évidemment en pensant le contraire.

Quelques consignes pour moi-même, pour plus tard:

1/ rester zen, je trouve que là j'ai été parfaite.
2/ refuser ce type d'entretien, la prochaine fois, s'il y a, j'irai pas, c'est le médecin des enfants qui le fera, un doc formidable qui aime les gens et ne les considère pas comme des numéros.

Je conçois bien évidemment que ce genre de test est utile, mais le faire passer deux fois en deux mois, c'est de l'acharnement inutile, voire du crétinisme administratif. Mini va bien, elle grandit parfaitement. C'est la même pédiatre que j'ai vue lorsque Mini avait 15 mois, qu'elle avait la fontanelle hyper creuse, qu'elle ne se mettait pas debout, ne marchait pas donc, savait à peine se retourner ventre/dos, ne parlait pas, était petite pour son âge et était tout le temps malade. Elle ne m'avait rien dit. Le pédiatre vu à l'hôpital avait trouvé ça très grave, parce qu'un retard pareil, cela mérite de l'attention, des examens complémentaires, des prises de sang.

Alors je crois que j'ai appris quelque chose, on en apprend tous les jours n'est-ce-pas? Personne n'obligera plus mon gamin à subir ce genre d'humiliation condescendante, et moi non plus, d'ailleurs. Je n'ose même pas imaginer ce qu'ils pensent de moi, je préfère l'ignorer. Alors j'ai fait mon mouton, bêêêê bêêêê, mais ça, plus jamais.

Allez, demain, courrier pour le conseil général, dont les membres qui conçoivent les courriers-type ont un net manque de psychologie et de finesse. Les gens EXISTENT, ce ne sont pas des clones d'une société vendue à l'exigence de la réussite conventionnelle.




Ben Harper&Eddie Vedder- Indifference


Juste comme ça, ce morceau. Les paroles sont ...

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22 mars 2007

y'a d'la rumba dans l'air

En ce moment, il y a un truc qui m'agace particulièrement. Je ne vais jetter la pierre à personne, je pense que je suis la première à avoir des a-prioris sur les gens, et au bout du compte, parfois, souvent, mais pas toujours je m'aperçois que finalement, je me suis trompée. Il n'y a que les imbéciles..., comme on dit. Et puis les choses évoluent, les gens changent aussi, on ne reste pas figé dans un même état d'esprit toute sa vie. C'est une évidence. En plus, en ce moment, je lis Alexandra David-Néel, et je me dis, han comment c'est possible d'être aussi courageuse, comment c'est possible d'avoir une telle passion au point d'affronter les interdits, comment c'est possible d'avoir une vie pareille, tellement blindée qu'on ne peut rien rajouter? Bref, je suis en admiration devant cette femme, mais je m'éloigne du sujet.

J'ai pu constater par des faits précis que la société a méga tendance à mettre les gens comme dans des moules à muffins. Et ça commence super jeune. Je me rends compte à quel point déposer des petits enfants dans des petites cases est facile. On dira d'untel qu'il est lent, alors qu'il est juste rêveur et qu'il profite de la vie. On dira d'un autre qu'il est violent, alors que non en fait, juste il s'exprime comme ça, ce n'est pas de la violence mais juste un trait de caractère. Et une fois chose faite, on enfonce bien le clou profondément. Quand tout est normal, tout conforme, c'est bien, on acquiesce, genre la lissitude de la laïfe, c'est trop le plus mieux. Tu diverges un peu de ce qu'on t'a prévu comme droit chemin, parce que les autres, ça sait évidemment beaucoup mieux que toi ce qu'il te faut. A commencer par le mariage à l'église et le baptême de tes enfants. Mais encore une fois, je m'éloigne.

En fait, il y a deux sortes de divergences. Dans la vie, il arrive que tu doives changer de voie. Soit parce que le chemin qu'on t'a choisi ne te convient pas, soit parce que effectivement, la façon dont évoluent les choses n'est pas bénéfique et qu'il faut changer d'aiguillage. La divergence vitale est en fait le chemin que tu empruntes, une sorte de raccourci vers le bonheur. Et la divergence involontaire, celle qu'on corrige, celle qui est un peu obligatoire pour que tu te sentes bien, pour toi, ta place dans la société, et rapport au propre regard que tu poses sur toi-même.

Je sais que le mot "divergence" est un peu fort, je ne voulais pas employer un autre mot en fait, non pas en rapport avec mes douze mots de vocabulaire, mais surtout parce que je n'aimais pas les autres. C'est mon blog aussi, et si j'ai envie de dire des couneries plus grosses que moi et de m'emmêler grave les pinceaux, voir faire douze milliards de fautes d'accords et quinze d'orthographe, tant pis pour moi, plus personne ne viendra ici, et puis voilà.

Tout ça parce que j'ai toujours l'impression qu'on en rajoute vingt couches sur Mini. J'ai un instinct extrêmement protecteur, et en ce qui la concerne, c'est encore plus exacerbé. J'ai parfois raison, parfois tort d'agir de la sorte, c'est vrai. C'est pour ça aussi que j'ai pondu les deux paragraphes au-dessus, vous n'êtes pas obligés de les lire, ptêtre que je vais les mettre en italique.
Mini a longtemps eu un retard de croissance, mixé avec un espèce de retard psycho-affectif-moteur. Je n'en parle pas beaucoup, sans doute l'effet carapace. Ceci dit, j'ai toujours pensé qu'elle était spéciale, qu'elle avait un tit truc au-delà de la sensibilité humaine, mais c'est une autre affaire. Elle s'est assise tard, a su se retourner tard, a marché tard, a parlé tard. Rapport à la norme, en même temps, mais la norme existe rapport aux statistiques aussi, quelque part. Bref. Elle a en partie comblé ce retard. On l'aide beaucoup, aussi. Elle sait faire plein de choses, est douée en dessin je trouve (comparée à sa mère qui est une vraie tanche), est plutôt créative en général, a un sacré caractère aussi. Mais subsiste une difficulté. Et pas des moindres. Le langage. Alors elle va chez l'orthophoniste, ça s'améliore doucement -j'ai mis deux jours à comprendre ce qu'était un cahifite, quand même-, j'ai confiance.
Elle sait qu'elle a cette difficulté. Nous, ses parents, le savons aussi.
Elle a vu à l'école la puéricultrice, dans le cadre des visites des 4 ans. J'en ai parlé avec la dame, qui a établi un bilan, dont on connaissait parfaitement le résultat. On le sait. On fait tout pour que ça s'améliore.
Alors pourquoi reçoit-on une convocation par le médecin de la PMI à l'école, justement en rapport à ce bilan, à cette difficulté qu'elle franchit doucement mais sûrement? Pourquoi lui enfoncer la tête sous l'eau à nouveau? Elle le sait, elle connait sa difficulté. Et surtout, pourquoi seulement deux mois après le premier bilan?

Je cite le courrier: "Cette visite a pour but, à l'aide d'un entretien et d'un examen approfondi, de mieux comprendre les besoins de santé de votre enfant et leurs incidences sur son intégration au sein de l'école, ainsi que d'envisager une orientation médicale si nécessaire."

A moi, ça m'a foutu les jetons. Pourquoi tant de violence? Bon, c'est un courrier-type, d'accord. J'ai mis au point certaines choses au téléphone, mais quand même. Je trouve cette visite inutile, et je ne peux rien faire pour la refuser. C'est comme ça, elle a une rééducation à faire, hop tout de suite le protocole à balles deux.

Comment ça me vénère. Va falloir que je reste calme. Et zen, surtout.



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